20/06/2013

Visite à Vielsalm

IMGP0032.JPGL'objet de notre excursion apicole de ce 09 mai était la découverte de ruches à "cheminée".  Quinze membres de la section (et certains conjoints) ont ainsi pris la route pour aller découvrir cette curiosité chez Mr Dejalle, un apiculteur de Vielsalm bien connu sous le vocable de "Api Georges".


Mr Dejalle pratique une apiculture presque autonome, basée sur la longévité de l’abeille.  Les ruches armoires divisibles avec lesquelles il travaille et les ruchettes (1 par ruche) sont très isolées de même que les ruchers-chalets qui les abrite.  Son beau-père a construit des ruches sur le modèle Alberti-Paschke, armoires à ouvrir par l’arrière, 12 cadres avec cires de 240 mm x 350 mm avec 4 cadres-témoins : 2 en bas, 2 pour la hausse.  Les faces des ruches sont peintes en vert, bleu, rouge et noir.  Le blanc et le jaune étant beaucoup plus souillés, sont évités.  Les planches de vol sont très larges pour favoriser l’atterrissage lors des premières sorties.  De plus, il a réalisé 2 cheminées d’aération au sein de la face avant de ses ruches et ruchettes dans le but d’oxygéner la colonie sans engager les ventileuses : l’air entre dan le corps de ruche par le trou de vol. L'air est alors chauffé par les abeilles, monte et s’échappe par les 2 trous latéraux sur le dessus de la ruche et redescend par les 2 cheminées.  Ce courant d'air permet d'éviter que l'humidité provenant de la respiration des abeilles s'accumule par condensation à l'interieur de ces ruches extrêmement isolées.  Un double fond amovible permet de placer le grillage pour le contrôle des varroas.  Les ruches à doubles parois isolées des 4 côtés sont placées les unes contre les autres et peintes intérieurement et extérieurement à l’émail brillant pour la facilité d’entretien et éviter l’imprégnation des parois par les produits anti-varroase.  

Entouré de ses filleuls apicoles et de son épouse, Mr Dejalle avait particulièrement bien préparé notre venue.  Dès la sortie du car, la petite exposition qu’il avait installée sur le parvis de son habitation, avec notamment la présentation d’un frelon asiatique, interpella immédiatement plusieurs d’entre-nous.  De suite, Mr Dejalle nous accueille chaleureusement avec une petite collation composée de brioches locales au sein de son garage transformé, pour l’occasion, en salle de réception. 

Pour la première partie de la visite, Mr Dejalle avait décidé de nous expliquer avec vivacité sa façon de pratiquer l’apiculture via un montage powerpoint qu’il a réalisé et qu’il a intitulé « Une autre apiculture ».  Cette présentation passa en revue toutes les actions à mettre en oeuvre lorsqu’on utilise des ruches armoires telles que par exemple l’obligation de pratiquer une visite hebdomadaire et le recours au cadre témoin qui facilite l’interprétation de l’état des colonies sans imposer une ouverture systématique des ruches.  Au cours de cette présentation « Api Georges » distilla, petit à petit, des explications sur les méthodes apicoles spécifiques qu’il met en œuvre avec ses filleuls : un très grand respect des abeilles (report d’une visite si l'agressivité des abeilles est trop grande, l'usage de la plume d’oie, nourrissement au miel…), le suivi systématique et rigoureux des colonies en vue de la sélection de celles qui serviront à l’élevage de reine…

La deuxième partie qui consistait à visiter l’atelier de recyclage de la cire et la miellerie s’est faite, quant à elle, en sous groupes.  L’atelier de recyclage de la cire étant classique : cérificateur solaire, fondeuse des pains de cire, gaufrier manuel et une étuve. Seule la cire d’opercules, des cadres témoins et des cadres de hausse est fondue et utilisée pour le gaufrage des cires.  A noter que Mr Dejalle passe ses cires gaufrées « maison » à l’étuve à 30° pour qu’elles acquièrent de la souplesse.
La miellerie, aux normes AFSCA, comme il se doit, est elle-aussi classique : bac à desoperculer, extracteur, nombreux seaux en plastique pour le stockage du miel, malaxeur-mélangeur, une étuve…  Pour l’extraction du miel, Mr Dejalle ne retire jamais de hausses complètes de sorte que ses colonies ne sont jamais stressées par un manque soudain de nourriture.  Il procède simplement au retrait régulier des cadres operculés au fur et à mesure de ses visites.  Le retrait de ses cadres se faisant « au compte-goutte » dans ses différents ruchers, cette pratique nécessite le stockage de ces cadres dans une étuve à 35°C avant l’extraction hebdomadaire.  La capacité maximale de stockage maximum étant de 200 cadres !  Autre particularité : l’empotage du miel se fait au fur et à mesure de la vente.  Pour ce faire, il est réchauffé pendant 24 à 36 h dans l’étuve à 35°c, avant d’être mis dans un mélangeur remue 200 kg dans une armoire isolée et chauffée à 30°c.  Ensuite les pots sont stockés dans d’anciens congélateurs transformés avec un tissu chauffant et un thermostat réglé à 15°c.

Cette journée fut exceptionnelle, nous y avons récolté une multitude de trucs et astuces.
Mme et Mr Dejalle nous ont reçus divinement.  Qu’ils en soient encore ici remerciés.


Agnès Beulens.

 

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