30/05/2014

Le voyage 2014 à Amiens

photo 1 hortillonages Daniel Stas.JPGC’est dès potron-minet que notre équipée prenait l’autocar pour notre excursion annuelle. Tout le trajet se déroula sans que nous rencontrions de difficulté de circulation. Et de plus, nous arrivâmes aux hortillonnages d’Amiens avec les premiers rayons de soleil. 

La visite des hortillonnages

La visite des hortillonnages fut un émerveillement renouvelé de l’étendue des capacités des hommes de la terre à modeler cette dernière. Des centaines d’hectares s’étirant le long de la Somme et de son affluent, l’Avre, qui ont été façonnés par la main de l’homme. Ce réseau de petits jardins permis, durant les siècles passés, à plusieurs milliers d’hortillons (maraîchers) d’y cultiver les fruits et légumes qui ont nourri la majeure partie de la population amiénoise. Les denrées étaient acheminées par barque jusqu’au cœur d’Amiens. Sur certaines parcelles, de petites maisons y ont été construites: appelées les maisons grainetières, elles permettaient aux horticulteurs de séjourner sur place et de ne pas perdre de temps pour rejoindre leurs lopins de terre. Leur appellation vient de l’annexe servant à produire des graines semées année après année. Sauvés de l’urbanisation dès les années 70 par une association de protecteurs dévoués, les hortillonnages sont essentiellement devenus des jardins d’agrément. Seule une poignée de maraîchers continuent à cultiver une vingtaine d’hectares.

Temps libre à Amiens

Cette première «découverte paysagère» effectuée, l’autocariste nous déposa sur le parvis de la cathédrale à 11H30. Notre groupe se dispersa, alors, dans les différentes rues piétonnes du centre ville au gré de la volonté de chacun. Certains visitèrent la cathédrale sans attendre et d’autres s’attablèrent dans différents restaurants ou sur différentes terrasses en bordure de Somme pour profiter des rayons de soleil de plus en plus présents. Après s’être délecté de ficelles picardes, de macarons et autres spécialités locales, quelques uns d’entre nous continuèrent leur après-midi à Amiens afin de participer à la visite guidée de la cathédrale que l’Office du Tourisme local proposait à l’occasion de cet après-midi férié.

La visite d’un producteur de gelée royale

La grosse majorité de notre groupe, formé d’apiculteurs, reprit le car à 14 heures afin de rendre visite à un producteur de gelée royale, Michel Waroude, basé dans la campagne picarde à Inval-Boiron. Aidé d’un apprenti espagnol, il produit de la gelée royale sur une trentaine de ruches. Son rucher comporte au total près de 300 ruches de type Dadant 10 cadres. Les ruches servant à la production de gelée royale sont munies d’une grille à reine verticale : du côté où se trouvent 6 cadres il y a la reine. Les 4 cadres de l’autre côté de la grille servent à la production de la gelée royale. Le secret d’un taux maximal d’acceptation des larves, et donc de production maximale de gelée royale, est l’âge et la fraîcheur de celles-ci. La technique utilisée par M. Waroude débute 4 jours avant le greffage. Il encage la reine sur un cadre à la cire étirée. Ce cadre sera de préférence vieux : le contraste offert par la cire noircie permet de mieux distinguer les jeunes larves. Après 24 heures, le cadre est pondu, la reine libérée, le cadre remis dans la ruche hors de la cage. Ces larves étant toutes de même âge, cela évite de perdre du temps quant au choix des larves à greffer. 2 jours plus tard, le cadre est transporté dans le « laboratoire » où ont lieu les étapes de greffage et de récolte de la gelée. Le picking a lieu 2 fois par semaine, le lundi et le vendredi, à raison de 4.000 à 5.000 larves greffées. Les cadres porte-barrettes peuvent accueillir 4 à 8 barrettes de 30 cupules. Le soir du greffage, chaque ruche éleveuse reçoit 1 cadre porte-barrettes. Les performances de production de chaque colonie éleveuse sont suivies et permettent d’évaluer leur potentiel, variant entre 50 et 100g. M. Waroude ne produit que de la gelée royale fraîche, suivant le cahier des charges du Groupement des Producteurs (français) de Gelée Royale.

La visite de la Maison de l’Abeille

Puis vint le regroupement général à 18 heures pour se diriger vers la Maison de l’Abeille, installée dans ce qui était autrefois la gare ferroviaire de Thézy-Glimont. Nous y sommes aimablement accueillis par Bernard Lamidel, secrétaire de l’Union Syndicale des Apiculteurs Picards (USAP). Achetée et rénovée dans les années 90, ses fonctions sont multiples. Il s’agit d’une collection impressionnante de tout ce qui touche de près ou de loin à l’apiculture et à l’abeille : allant du matériel apicole utilisé par nos prédécesseurs, en passant par toute l’iconographie imaginable de l’abeille ou encore des pots de miel, de bouteilles d’hydromel et autres chouchen de toutes les provenances. Leur dégustation a dû animer pas mal de soirées ! Les adhérents de l’USAP disposent également d’un point de dépôt lors de commandes de matériel apicole et d’une miellerie équipée. Ce bâtiment abrite aussi les conseils d’administration, le rucher-école et les formations dispensées par l’USAP. La visite des lieux se poursuivit librement et des petits groupes de discussion se formèrent ici et là, débattant des techniques de lutte alternative contre le varroa, d’un nouveau modèle de trappe à pollen. Vraiment, cette gare a su garder son rôle de point de rassemblement où de nombreuses routes se croisent.

Le retour à la maison

Un petit crochet pour une rapide restauration et il était temps, pour nous, de rejoindre nos douces pénates. Nous y rentrerons tard le soir, dans le noir mais la tête pleine de soleil, de verdure, de souvenirs et d’un accueil rempli de sympathie et de gentillesse. Que Messieurs Michel Waroude et Bernard Lamidel en soient encore ici remerciés. Ce sera avec un grand plaisir que nous les accueillerons, si à l’avenir, ils venaient nous rendre visite à leur tour.

Tim Vanwynsberghe

Écrit par Jean-Luc Strebelle dans Excursions apicoles, Voyage à Amiens | 21:27 | Commentaires (0) |  Facebook | | Lien permanent